Cet ensemble de douze dessins au fusain explore, par la répétition d’un même motif, la relation entre lieu, mémoire et présence. Chaque feuille représente une forme d’atelier ou d’abri, reprise et transformée à travers des variations de geste, de contraste et de densité du noir. La répétition agit ici comme un processus de recherche : une tentative d’approcher une image qui ne cesse de se déplacer.
Cette série est inspirée de mon nouvel atelier situé à Séprais, ancien atelier du lithographe, reconnu, Nik Hausmann. Abandonné depuis une dizaine d’années, le lieu est resté presque intact. Les traces de travail, les objets et les surfaces portent encore la mémoire d’une activité passée. Cette atmosphère particulière, à la fois silencieuse et habitée, a profondément influencé ces dessins.
Le fusain, avec ses noirs profonds et ses effacements, devient un moyen d’interroger cette tension entre apparition et disparition. L’image de l’atelier oscille alors entre construction et ruine, présence et trace. Plus qu’une représentation, ces douze dessins forment une méditation visuelle sur le temps : comment un lieu conserve les marques de ceux qui l’ont habité, et comment le dessin peut tenter d’en saisir l’écho.